mardi 2 février 2021

IL S'EN EST BIEN PASSE DES CHOSES A AIGUEZE ENTRE 2001 ET 2014 : JUILLET 2010 : HOMMAGE A MGR FUZET FILS D'ELEONORE ROMANET, MECENE DE NOTRE VILLAGE EN GENERAL ET DE NOTRE EGLISE EN PARTICULIER

  PRESENTATION DE  MONSEIGNEUR Frédéric FUZET 1839-1915 Archevêque de ROUEN

Etudes au séminaire de Nîmes où il est ordonné prêtre à la cathédrale le 21 mai 1864. Dans un premier temps, il est nommé à Notre Dame des Pommiers à Beaucaire, puis à la cathédrale de Nîmes.  A partir de là, son parcours ecclésiastique va devenir remarquable. En 1869, il prépare avec succès sa thèse de doctorat en théologie sur les jansénistes et leur dernier historien, Sainte-Beuve. Dès 1876, il est nommé secrétaire général de l'université de Lille et professeur d'histoire ecclésiastique. Après avoir exercé la charge de plusieurs paroisses, dont celle de Génolhac, il est nommé curé doyen de Villeneuve lez Avignon. Il fait effectuer des fouilles dans l'église de l'ancienne chartreuse, dévastée à la Révolution. Il y retrouve notamment la dépouille d'Armand de Bourbon-Conti (1629-1666). Ce prince du sang, frondeur notoire (il est le frère de la duchesse de Longueville et du prince de Condé), est également le premier protecteur officiel de Molière, avant de rejoindre le mouvement janséniste. En octobre 1887,  il est nommé évêque de Saint Denis de La Réunion. Ses détracteurs disent de lui  qu'il a la « fièvre violette », c'est-à-dire qu'il  cherche à tout prix à devenir CARDINAL... Il est distingué dans l'ordre de chevalier de la Légion d'Honneur et, en 1899 il est nommé archevêque de Rouen. Il exercera cette fonction jusqu'à sa mort en 1915 à l'âge de 76 ans. Ses obsèques seront présidées par l'archevêque de Paris, le cardinal Amette. Il est inhumé dans la cathédrale de Rouen, dans la chapelle Jeanne d'Arc.

 Portrait de MGR FUZET à LAUDUN



. Rappelons le contexte d'AIGUEZE :

Mgr FUZET fils d'Eléonore ROMANET d'AIGUEZE s'est montré particulièrement généreux pour le village natal de sa mère. C'est ainsi qu'AIGUEZE lui doit les travaux de mise en valeur de l’Eglise et du clocher terminés en 1910, la mise en valeur de la Place du jeu de Paume (agrandissement, plantation d’arbres, rénovation en style « médiéval » des constructions voisines (dont le château de sa mère Eléonore ROMANET) l’offre (en vain) du bâtiment lui appartenant et dont il voulait faire la mairie avec un vitrail Jeanne d’Arc sous les traits de Marianne et la République, le don d’un Marianne imposante dans la salle de l’actuel conseil municipal.

 

GENEALOGIE d' Antoine Frédéric Auguste FUZET

 •            Né le 1er avril 1812 (mercredi) - Barjac, 30, Gard, Languedoc-Roussillon, France

 

 Parents

•             Frédéric Louis Auguste Christophe FUZET né en 1788

•             Marie Anne Sophie GRIOLET née en1787

 Union(s) et enfant(s)

•             Marié le 14 janvier 1835 (mercredi), Aiguèze, 30, Gard, Languedoc-Roussillon, France, avec Marie Eléonore ROMANET 1806- (Parents : François ROMANET 1768- & Marianne-Mélanie BONNEFOND 1771-) dont 

o              Frédéric Marie FUZET 1835-

o              Marie Rosalie Sophie FUZET 1836-

o              Marie Mélanie Françoise FUZET 1838-1923

o              Edmond Frédéric FUZET 1839-1915

o              Antoine FUZET 1842-1913

 Frères et sœurs

o              Sophie Victoire FUZET 1809-1810

 

GENEALOGIE DE SA MERE : Marie Eléonore ROMANET

•             Née le 27 juin 1806 (vendredi) - Aiguèze, 30, Gard, Languedoc-Roussillon, France

 Parents

•             François ROMANET 1768

•             Marianne-Mélanie BONNEFOND 1771

 Union(s) et enfant(s)

•             Mariée le 14 janvier 1835 (mercredi), Aiguèze, 30, Gard, Languedoc-Roussillon, France, avec Antoine Frédéric Auguste FUZET 1812- (Parents : Frédéric Louis Auguste Christophe FUZET 1788- & Marie Anne Sophie GRIOLET 1787-) dont 

o              Frédéric Marie FUZET 1835-

o              Marie Rosalie Sophie FUZET 1836-

o              Marie Mélanie Françoise FUZET 1838-1923

o              Edmond Frédéric FUZET 1839-1915

o              Antoine FUZET 1842-1913

 Frères et sœurs

o              François ROMANET †1878/

o              André Basile ROMANET †1840/

o              Lacroix ROMANET

o              Casimir ROMANET

•              Félicité ROMANET

o              Ne ROMANET

 

Frédéric Marie FUZET

   

•             Né le 1er novembre 1835 (dimanche) - Bessas, 07033, Ardèche, Rhône-Alpes, France

 Parents

 •             Antoine Frédéric Auguste FUZET 1812-

•             Marie Eléonore ROMANET 1806-

 Frères et sœurs

o              Marie Rosalie Sophie FUZET 1836-

o              Marie Mélanie Françoise FUZET 1838-1923

o              Edmond Frédéric FUZET 1839-1915

o              Antoine FUZET 1842-1913

 

BIOGRAPHIE et PARCOURS DE Mgr FUZET : travail de Robert FRUTON.

 

8/11/1839 : naissance à LAUDUN, à la ferme de Bauvert. Baptême à l’Église de CONNAUX

1864 : ordination sacerdotale

 1869 : prend les fonctions de précepteur de Jean MATHAREL (pour préparer sa thèse de docteur en théologie)

 1876 : Secrétaire général de la faculté catholique de LILLE et professeur d’histoire ecclésiastique. On lui doit notamment une brochure sur l’attitude du clergé face à la démocratie.

 1882 : Curé de GENOLHAC puis de VILLENEUVE LES AVIGNON

 1887 : Nommé évêque de St DENIS DE LA REUNION

 1892 : Nommé Évêque de BEAUVAIS

 1895 : il achète St EMETERY à CHUSCLAN

 1899 : nommé Archevêque de ROUEN

 1907 : Rachat de la maison natale de sa mère à AIGUEZE

 1910 : restauration de l’Église d’AIGUEZE

 20/12/1915 : Décès et inhumation en la Cathédrale de ROUEN (Chapelle Jeanne d’Arc)

 


MGR FUZET PORTE SON ATTENTION SUR SON VILLAGE MATERNEL ET COOPERE AVEC LE MAIRE DE L'EPOQUE : THOMAS Joseph

IL propose de céder son local place de l'Eglise en face de sa maison pour y établir la Mairie : pour celà il sollicite l'autorisation d'ouvrir un passage direct au dessus de la ruelle qui sépare sa maison de cette nouvelle salle de mairie.  Par décision du 5 FEVRIER 1910 Joseph THOMAS AUTORISE Mgr FUZET A OUVRIR UN PASSAGE DIRECT DE SA MAISON AU LOCAL LUI APPARTENANT QU'IL DONNE COMME MAIRIE

A noter que l'installation de la mairie dans ce local n'a jamais été finalisée j'aurais bien aimé en tant que Maire "communaliser" ce bâtiment qui avait un cachet digne de notre village !


 AMENAGEMENT DE CETTE SALLE PREVUE POUR LES REUNIONS DU CONSEIL MUNICIPAL : une Marianne règlementaire dans la salle du conseil , mais terriblement originale !


 


Une situation, un paradoxe uniques en France : une JEANNE D'ARC en MARIANNE : bonnet phrygien, écu bleu blanc rouge dans une salle de classe (privée de surcroît !) dans un vitrail d'Eglise !.

Ce qui aurait été légalement accepté dans une salle du conseil municipal où doit obligatoirement figurer la Marianne. 

A noter que celle qui se trouve dans l'actuelle salle du conseil a été Egalement offerte par Mgr FUZET évêque républicain outre ses dimensions elle est traditionnelle! On raconte que la porter du rez de chaussée à l'étage de la salle du conseil ne fut pas une mince affaire pour l'archevêque et le maire alliés pour l'occasion !  .



   Les deux autres vitraux de cette salle représentent la JUSTICE et LA PAIX qui "doivent guider les délibérations du conseil municipal".



 


 une invitation à la paix parmi le conseil municipal ...



 


 


 

une invitation à la JUSTICE lors des délibérations du conseil municipal.


 


un portrait de Monseigneur FUZET dans la même salle qui servit en fait de salle de classe d'une école "privée" de sœurs et qui est actuellement inoccupée !

La petite histoire explique qu'un maire ( pas obligatoirement Joseph THOMAS puisqu'il avait autorisé par arrêté la construction de la passerelle) avait refusé d'installer la mairie car Mgr FUZET aurait eu accès grâce à sa passerelle (qui n'a d'ailleurs jamais été construite) aux affaires communales à toute heure du jour ou de la nuit !

Pour ma part en tant que Maire j'aurais bien accepté que cette salle et ses dépendances deviennent la mairie du village tout en gardant bien sûr son attribution publique et soit fermée au public en temps normal !

La municipalité THOMAS a fait poser une plaque pour commémorer l'œuvre de Mgr FUZET pour la restauration de l'Eglise   




LA grille que comptait installer Mgr FUZET pour aller de sa maison à la salle de la Mairie a été retrouvée et installée au fond du cimetière :


 Mgr FUZET fils d'Eléonore ROMANET d'AIGUEZE s'est montré particulièrement généreux pour le village natal de sa mère. C'est ainsi qu'AIGUEZE lui doit les travaux de mise en valeur de l’Eglise et du clocher terminés en 1910, la mise en valeur de la Place du jeu de Paume (agrandissement, plantation d’arbres, rénovation en style « médiéval » des constructions voisines (dont le château de sa mère Eléonore ROMANET)en plus des terrains pour agrandir la place il  propose (en vain puisque le maire de l’époque refuse ce don suspectant Mgr FUZET de vouloir construire une passerelle lui permettant d’accéder en toute discrétion à la salle de la Mairie) le bâtiment lui appartenant  pour y faire la mairie avec un vitrail Jeanne d’Arc sous les traits de Marianne et la République, le don d’une Marianne imposante dans la salle de l’actuel conseil municipal.



C'est pour sécuriser ce passage aérien entre ses appartements (à gauche) et la salle qu'il offrait à la municipalité que Mgr FUZET avait fait fabriquer cette grille . On voit la porte d'accès à la salle municipale qui a été bouchée.


 

C’est donc ici qu'il  comptait installer cette passerelle qui a été retrouvée dans la cave de ce bâtiment (installée maintenant par la municipalité pour sécuriser le cimetière coté Ardéche.)



 

portrait à St EMETERY  : La Maison d’Accueil "Saint-Emétery" qu'il a achetée en 1895 est implantée sur la commune de Chusclan. à 6 km de Bagnols-sur-Cèze









St EMETERY à CHUSCLAN


Portrait de Mgr FUZET à la Cathédrale de ROUEN




 

BUSTE DE MGR FUZET à AIGUEZE (place du Jeu de Paume et chapelle privée du château .




 

Buste sur la Place du village à AIGUEZE et le même dans sa chapelle privée



EN HOMMAGE A Mgr FUZET MECENE DE NOTRE VILLAGE , CE TEXTE BIOGRAPHIQUE : LA VIE DE Mgr FUZET PAR Robert FRUTON :


 

"Mgr FUZET a eu pour mère Eléonore ROMANET précisément la fille du maire d'AIGUEZE (1830). 

Elle a passé toute sa jeunesse dans la demeure familiale où elle est née. Elle s’y est mariée avant de s’installer avec son mari à LAUDUN près de BAGNOLS SUR CEZE 

 

A la mort de son père elle a hérité de la maison et le jeune Frédéric né à LAUDUN en 1839 y est venu souvent dans sa plus tendre enfance. Hélas en 1848 c’est la ruine du père et il faut vendre la maison d’AIGUEZE ce qui sera un crève-cœur pour Eléonore et pour le fils aîné Frédéric.

Ce profond attachement à Aiguèze, village d’origine de sa famille maternelle s’est manifesté par le rachat (par Frédéric FUZET) de la maison maternelle Romanet en 1907.

Dès lors ce digne prélat commença à s’occuper avec constance de ce village dont il était issu et il entreprit d’aider ses concitoyens à le rendre plus vivable, en un mot à le moderniser. Visionnaire il avait déjà compris qu’AIGUEZE deviendrait un site visité par un nombre considérable de « touristes ».

 On peut ne pas aimer le style des restaurations qu’il a entreprises, à commencer par les créneaux sur sa maison, le clocher pointu, mais c’était dans le goût du temps et personne ne doute de son amour pour le village et de son total désintéressement.

 Entrons un peu plus dans la vie de ce personnage hors du commun, un évêque peu ordinaire loin s’en faut !

 La famille de son père était de petite noblesse dauphinoise : elles s’est installée en Ardèche lorsque l’un de ses ancêtres au XVIIIe siècle devint à la demande du marquis de l’Aubernière de l’ordre DE MALTE, secrétaire de la Commanderie de JALES. Un de ses petits fils lui succéda dans cette fonction et devint en 1746 secrétaire de l’Ordre de St jean de Jérusalem.

 Or l’un des enfants fut déchu de ses droits seigneuriaux (probablement pour mauvaise conduite) et il semble bien que ce soit précisément de celui là que descende Mgr Fuzet. Est-ce bien pour cette raison que depuis sa plus tendre enfance, il manifesta des sentiments républicains, ce qui était totalement inconcevable à cette époque dans un milieu bourgeois, aisé, voire fortuné, et surtout catholique !

 Certes après 1870, les Français ont abandonné l’Empire en acceptant les décisions prises par les Parisiens au moment de la capitulation de SEDAN, mais ils ne sont pas républicains pour autant. D’ailleurs l’Assemblée nationale comprend beaucoup de monarchistes et de bonapartistes et ce n’est qu’au fil des années que les Elections législatives vont donner la majorité aux républicains. La grande majorité des catholiques ne s’est pas ralliée à la République. En effet pour eux, le caractère divin du pouvoir, même temporel, reste une constante. Celui qui détient le pouvoir ne peut être que « l’oint de Dieu », son caractère de chef d’état est sacré, d’où leur réticence vis-à-vis de la République et les oppositions d’idées sont parfois violentes.

 C’est pourquoi lorsqu’en 1890 le Cardinal LAVIGERIE, archevêque d’Alger, primat d’Afrique, reçut les officiers de la flotte française en son palais épiscopal et porta un toast à la République, ce fut un beau tollé. Rares ont été ceux qui ont approuvé ce geste et s’en sont réjouis. Beaucoup ont protesté officiellement ou plus discrètement auprès du pape. D’autres n’ont rien dit : soit qu’ils désapprouvaient, soit qu’ils approuvaient. Mais Mgr Fuzet, alors tout nouvel évêque de la Réunion, avait toujours été foncièrement républicain. Dans sa plus tendre enfance, il contrariait allègrement son grand-père par ses prises de position républicaines. Il avait donc là l’occasion de dire officiellement ce qu’il en pensait et il ne s’en est pas privé. Sa pensée imprégnée de l’esprit du Concordat, était d’être respectueux des pouvoirs publics puisque le choix des hommes et la forme du gouvernement expriment la volonté de Dieu. En outre, à son souci sincère de collaborer s’ajoutait la satisfaction d’avoir une forme de gouvernement qui lui convenait. Et cette position était approuvée par le Pape LEON XIII (18778-1903) qui souhaitait que l’Eglise s’adapte aux « choses nouvelles » et prônait un catholicisme social.

 L’adaptation aux choses nouvelles n’est pas facile, cela ne va jamais tout seul. Que d’efforts sont nécessaires ! Que d’incompréhension ! Inutile de dire combien Mgr Fuzet fut attaqué pour ses prises de position, notamment lorsqu’il essayait de calmer les ardeurs cléricalistes de certains, de même au moment de la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Comme on ne pouvait le prendre à partie sur sa piété profonde et sincère, ou ses mœurs irréprochables, on lui adjoignit comme suprême injure le qualification d « évêque franc maçon ». D’autres diraient maintenant qu’il était de gauche mais il paraît un peu vain de juger de cette période avec les références d’aujourd’hui.

Ce qui est certain, c’est que ses idées n’étaient pas toujours bien vues ni de son clergé, ni de ses fidèles, ni même de Rome après la mort de Léon XIII. Mais ses vues sur bien des sujets, à propos de al formation des prêtres, du mouvement social catholique du SILLON fondé par Marc Sangnier, de l’action Française, des associations cultuelles, étaient prémonitoires.

 Comme son républicanisme n’était pas suspect aux yeux des gouvernements, notre prélat servit bien souvent à atténuer des actions cléricales ou anticléricales trop marquées – même s' il n’y réussit pas toujours- et à faire passer des idées de modération et de tolérance valables d’un côté comme de l’autre. D‘ailleurs la tradition locale veut que sa maison d’AIGUEZE servit de lieu discret de rencontres… Ce qui n’était pas possible à Rouen l’était dans le Gard. C’est ici qu’à plusieurs reprises un envoyé du gouvernement serait venu prendre un avis ou entamer un dialogue qui avait toujours pour perspective le bien public et celui de l’Eglise.

 A quelqu’un qui lui demandait à la veille de la première guerre mondiale, et peut-être avec quelque malignité pourquoi il n’avait pas été nommé cardinal, il eut cette réponse superbe : « les chapeaux sont à Rome, mais les têtes sont ici ». C’était effectivement une « tête ». Il ne revêtit jamais la pourpre cardinalice mais il appliqua intégralement la devise de sa famille « plus veux servir que briller » que le visiteur peut voir à l’Egas et sur le buste que la municipalité installa en sa mémoire au centre du village.

  

Cet ancien secrétaire général de la faculté catholique de Lille, ce théologien remarquable, ce fin lettré fut aussi un administrateur et un bâtisseur… " 



UN  ARCHEVEQUE REPUBLICAIN DECORE DE LA LEGION D'HONNEUR !





Mgr Fuzet, fin lettré, docteur en théologie , fut avant tout un prêtre aux vues très larges, soucieux du fossé qui se creusait entre l’Eglise et le monde du travail. Il a été une personnalité religieuse très importante, en avance sur son temps qu’il a marqué de son action ; en se proclamant Républicain très jeune, il a pris ses contemporains à contre-pied car comment pouvait-on être républicain et prêtre en même temps ? Au moment où l’Eglise se remettait encore très mal des massacres des religieux pendant la Révolution suivis de fusillades de prêtres lors de la Commune de Paris, certains trouvaient cette attitude parfaitement scandaleuse. 


Les "Armes" de Mgr FUZET dans un vitrail de l'Eglise on note particulièrement sa devise "plus veux servir que briller" et sa légion d'honneur ! 

Rome sous l’impulsion de Léon XIII prône le ralliement à la République et en 1890 le nomme évêque de la Réunion, puis de Beauvais et enfin en 1899 archevêque de Rouen. Dans chacune de ses fonctions, il a rencontré de terribles oppositions. On l’a même accusé d’être Franc-maçon. Bien qu’il ait fait justice de cette accusation, elle le poursuivra toute sa vie et il en souffrira beaucoup. Même encore maintenant Mgr Fuzet sent un peu le soufre.


La Marianne impressionnante qui trône dans la salle du conseil 
a été offerte aux Aiguézois par Mgr FUZET.

Un clin d'oeil à qui, à quoi ?








On ne lui a pas pardonné son attitude déférente vis à vis du Président de la république en visite à Beauvais, ni sa soumission aux différentes lois du gouvernement républicain qui, sur une dizaine d’années, ont conduit à la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Au cours de cette période difficile, Mgr Fuzet a toujours prôné le dialogue lorsqu’il était possible, estimant que l’intransigeance de certains milieux religieux ne faisait qu’augmenter l’anticléricalisme ; il recherchait la voie médiane mais il n‘a pas toujours été suivi. En application de la loi de décembre 1905, l’Etat ne soutient et ne rémunère aucun culte. Les religieux ne reçoivent donc aucune subvention des pouvoirs publics, c’est le cas des prêtres, mais aussi des pasteurs et des rabbins. Malgré les exhortations de notre archevêque et, contrairement aux autres religions, Rome avait refusé de constituer les associations cultuelles prévues par la loi pour recevoir et gérer les biens de l’Eglise. Aussi, à l’expiration du délai d’un an prévu par les textes, l’Eglise s’est retrouvée sans rien, ni bâtiment, ni ressource, ni lieu de culte. Plutôt que de polémiquer inutilement, Mgr Fuzet voulait être efficace. Très vite, une loi à laquelle il n’est probablement pas étranger, a rouvert les églises au culte ; c’est lui qui, dans une lettre pastorale aux fidèles du diocèse de Rouen, a expliqué la nouvelle situation et précisé que ceux qui se disent catholiques devaient aider l’Eglise à survivre et à vivre, en lui versant I% de leurs revenus. Cette lettre a été reproduite de nombreuses fois dans toute la France et elle est à la base de la collecte pour le « denier de l’Eglise » pratiquée encore aujourd’hui, car la situation n’a pas changé. 


Sur cette image on voit l'imbrication de la maison ROMANET/FUZET de l'EGLISE et DU CHATEAU ! 



L'autre face de sa maison maternelle sur la place de l'Eglise .

Sa Chapelle privée dans une salle de sa maison maternelle du château d'AIGUEZE est un mini musée  ! On peut y voir : outre le coin prière où il pouvait se recueillir :



SON PORTRAIT  et ses armes



 Les armes de la famille ROMANET





Le gisant de Mgr FUZET (l'original se trouve dans la Cathédrale de ROUEN )

LA PLACE IMPORTANTE DE JEANNE D'ARC:
la statue de Jeanne d'Arc en plusieurs exemplaires tant dans l'Eglise que dans sa chapelle privée. L’Archevêque de Rouen ne pouvait oublier Jeanne d’Arc, béatifiée en 1909. Installée avec ses voix dans le chœur, au pied des anges musiciens peints sur la voûte , elles entourent un autel de marbre blanc de toute beauté, totalement inattendu dans un si petit village.








la CHAPELLE qu'il avait fait construire dominant l'Ardèche au Nord du village.






Son buste : le même mais en meilleur état que celui sur la place du village (celui-là n'a jamais reçu de boule de pétanque sur le nez !).

 LES ARMES DE Mgr FUZET Y COMPRIS SUR LES CLOCHES 


 LA FAMILLE FUZET ROMANET EST  REPRESENTEE SUR LES VITRAUX



son Père Antoine Frédéric Auguste FUZET né en 1812 sous l'apparence de St ROCH "patron" du village .


sa mère Marie Eléonore ROMANET  née  le 27 juin 1806



                                        Lui-même : Mgr FUZET 


L'EMPLACEMENT DU CLOCHER PRIMITIF Qui n'était pas orienté vers le village ainsi que la façade de sa maison familiale puis le presbytère . Le clocher a été transformé à deux reprises du côte village ce coup-ci !






EN CONCLUSION :

Mgr FUZET une personnalité moderne et d'avant garde qui ne craint pas d'affirmer ses convictions. Une personnalité efficace qui se donne les moyens d'avancer (par exemple par la création du "denier de l'Eglise"

Mgr Fuzet, fin lettré, docteur en théologie , fut avant tout un prêtre aux vues très larges, soucieux du fossé qui se creusait entre l’Eglise et le monde du travail. Il a été une personnalité religieuse très importante, en avance sur son temps qu’il a marqué de son action ; en se proclamant Républicain très jeune, il a pris ses contemporains à contre-pied car comment pouvait-on être républicain et prêtre en même temps ? Au moment où l’Eglise se remettait encore très mal des massacres des religieux pendant la Révolution suivis de fusillades de prêtres lors de la Commune de Paris, certains trouvaient cette attitude parfaitement scandaleuse.


Rome sous l’impulsion de Léon XIII prône le ralliement à la République et en 1890 le nomme évêque de la Réunion, puis de Beauvais et enfin en 1899 archevêque de Rouen. Dans chacune de ses fonctions, il a rencontré de terribles oppositions. On l’a même accusé d’être Franc-maçon. Bien qu’il ait fait justice de cette accusation, elle le poursuivra toute sa vie et il en souffrira beaucoup. Même encore maintenant Mgr Fuzet sent un peu le soufre.


Sa hiérarchie ne lui a pas pardonné son attitude déférente vis à vis du Président de la république en visite à Beauvais, ni sa soumission aux différentes lois du gouvernement républicain qui, sur une dizaine d’années, ont conduit à la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Au cours de cette période difficile, Mgr Fuzet a toujours prôné le dialogue lorsqu’il était possible, estimant que l’intransigeance de certains milieux religieux ne faisait qu’augmenter l’anticléricalisme ; il recherchait la voie médiane mais il n‘a pas toujours été suivi. En application de la loi de décembre 1905, l’Etat ne soutient et ne rémunère aucun culte. Les religieux ne reçoivent donc aucune subvention des pouvoirs publics, c’est le cas des prêtres, mais aussi des pasteurs et des rabbins. Malgré les exhortations de notre archevêque et, contrairement aux autres religions, Rome avait refusé de constituer les associations cultuelles prévues par la loi pour recevoir et gérer les biens de l’Eglise. Aussi, à l’expiration du délai d’un an prévu par les textes, l’Eglise s’est retrouvée sans rien, ni bâtiment, ni ressource, ni lieu de culte. Plutôt que de polémiquer inutilement, Mgr Fuzet voulait être efficace. Très vite, une loi à laquelle il n’est probablement pas étranger, a rouvert les églises au culte ; c’est lui qui, dans une lettre pastorale aux fidèles du diocèse de Rouen, a expliqué la nouvelle situation et précisé que ceux qui se disent catholiques devaient aider l’Eglise à survivre et à vivre, en lui versant I% de leurs revenus. Cette lettre a été reproduite de nombreuses fois dans toute la France et elle est à la base de la collecte pour le « denier de l’Eglise » pratiquée encore aujourd’hui, car la situation n’a pas changé.


AUTRES MARQUES DE MGR FUZET DANS LE VILLAGE :



UNE CHAPELLE SURPLOMBANT L'ARDECHE AU NORD DU VILLAGE.


LE CAVEAU FUZET ROMANET DANS LE CIMETIERE D'AIGUEZE



jeudi 28 janvier 2021

LES MALFRATS NE SONT PAS CONFINES !

 Prenez garde pour vous et vos voisins car les malfrats ne sont pas confinés, au contraire ils prennent le temps de casser fenêtre ou porte pour s'introduire dans les maisons et faire main basse sur ce qui n' est pas trop lourd : ils délaissent les ordinateurs ou téléviseurs et autre "encombrants" pour chercher de l'argent ou des bijoux. C'est ce qui s'est passé rue du portail haut et rue de l'hôpital. Les voisins ont pu constater les dégâts et avertir la mairie et les propriétaires qui ont averti la gendarmerie qui s'est aussitôt déplacée pour faire les constatations d'usage.

Soyez vigilants pour contrer cette petite délinquance !

mercredi 27 janvier 2021

IL S'EN EST BIEN PASSE DES CHOSES A AIGUEZE ENTRE 2001 ET 2014 : 15 JUILLET 2010 : LES CENT ANS DE LA RENOVATION DU CLOCHER, EGLISE ET PLACE

C'est l'EGLISE et Son CLOCHER qui représentent notre village, qui lui donnent cet attrait qui séduit les visiteurs. Il ne faut pas oublier que tout cela nous le devons à Mgr FUZET dont la mère est née à AIGUEZE . Et c'est notamment le famille FRUTON descendant de la famille FUZET / ROMANET qui a œuvré pour entretenir cet édifice, le maintenir, le faire connaître et reconnaître (association pour l'Eglise d'Aiguèze). 






EN 2009 J'AVAIS PROPOSE A LA MAIRIE AU VILLAGE ET AUX ASSOCIATIONS DE CELEBRER LES CENT ANS DES TRAVAUX DE RENOVATION ET MISE EN VALEUR DE L'EGLISE PAR Mgr FUZET 









LE CLOCHER PRIMITIF SE TROUVAIT DU COTE ARDECHE

donc mal orienté pour qu'on puisse entendre les cloches ! 

LE CLOCHER AVANT 1910 à sa place actuelle.



  le clocher avant réfection par Mgr FUZET .  

Le portail sud a été refait entre 1810 et 1815, et surmonté d’un clocher à sommet octogonal terminé par une frise en pierre. Il était pourvu d’une seule cloche : le bourdon.

En 1910 Mgr FUZET a fait remplacer la frise par le sommet en forme de flèche bâtie  à la manière de celle de  Notre Dame de Lourdes et agrémenté de quatre clochetons en pointe. La frise fut alors déplacée et installée sur le mur du presbytère, bâtiment qui jouxte l’Église. Il fit mettre en place trois cloches supplémentaires et un carillon. Le clocher était une tour octogonale surmontée d’une frise de pierres maintenant sur le mur du presbytère.  A la place du bourdon emporté à Rouen, il a fait installer quatre cloches et un carillon. 

Sous le cadran émaillé de l’horloge se trouve l’ange aux ailes déployées et à  peu près au même niveau  deux statuettes. Celle de gauche représente St PIERRE avec les clés du paradis, celle de droite St PAUL avec ses épîtres à la main.

 Remarquons que lors des travaux de 1975 le cadran émaillé a laissé la place à un cadran en pierre qu’il cachait.

 BENEDICTION DES CLOCHES SAMEDI 24 SEPTEMBRE 1910

 D’après le livret du Chanoine JOUEN :

 « En gardant une seule de anciennes cloches, Monseigneur de Rouen compléta la sonnerie en donnant trois cloches entièrement nouvelles, dont une faite avec le métal d’une des anciennes. Il en fit la commande à une des plus célèbres maisons de France : la maison PACCARD d’Annecy le Vieux….

 La bénédiction des cloches fut fixée au Samedi 24 Septembre 1910. Les jours précédents, le village entier, sous l’intelligente direction de l’Abbé Rolland, curé de la paroisse, se consacra, avec une activité fiévreuse, aux préparatifs de la fête…  Des arcs de triomphe furent élevés à l’entrée du village, à l’intersection du chemin d’arrivée et de la place, à la porte même des Romanet. Une immense estrade fut construite près de la mairie, des armoiries et des oriflammes l’ornèrent : au fond un autel fut placé, en avant les trois cloches furent suspendues.

 Au matin du Samedi, des cavaliers aux montures richement harnachées, des cyclistes aux machines enguirlandées, se portent au-devant de Mgr l’Archevêque… Vers neuf heures des salves d’artillerie, dont l’écho vibre au loin, répercuté par les montagnes, signalent l’approche de Sa Grandeur.»

 Monsieur le maire s’avance et proclame d’une voix forte :

 « Monseigneur,

La municipalité d’Aiguèze, interprète de toute la population est heureuse et fière de pouvoir, aujourd’hui exprimer publiquement à votre Grandeur notre reconnaissance pour les bienfaits sans nombre dont vous nous avez comblés.

La belle statue de Saint Roch, en bronze, qui surmonte la fontaine ; l’église restaurée, décorée, richement meublée, et ces trois cloches que vous allez bénir, disent à tous quelle affection vous portez à notre commune. Nous savons d’où vient cette affection. Cette maison qui s’élève aux pieds de nos vieilles tours abrita le berceau de Madame votre mère et notre petit cimetière, à l’ombre de notre église, garde sa tombe. C’est à cette chère mémoire que nous sommes redevable de tout ce que vous avez bien voulu faire ici et de tout ce que vous projetez encore pour l’embellissement de notre village. Merci, Monseigneur.

 Nous avons voulu qu’une plaque de marbre, placée à l’entrée de notre église, redit à tous et toujours vos dons et notre gratitude. Mais recevez en l’assurance solennelle, mieux encore que sur le marbre et plus fidèlement gardés, votre nom et vos largesses vivront ici dans le cœur de toutes les générations.

Ici, quand sonneront ces belles cloches sorties d’une de nos meilleures fonderies, toutes les voix s’uniront pour redire à leur illustre compatriote, Monsieur l’Archevêque de Rouen, la reconnaissance des habitants d’Aiguèze.

Nous sommes heureux, Monseigneur que des prêtres distingués de votre diocèse soient les témoins de cette reconnaissance et de la profonde vénération dont vous êtes entouré dans notre commune. Nous regrettons l’absence de Monsieur le chanoine Prudent, l’éminent directeur de votre Bulletin religieux. Nous vous remercions d’avoir voulu amener à ces fêtes, Mgr Barré, le généreux intendant de votre cathédrale, et M. le chanoine Jouen, le savant historien de votre archidiocèse. Qu’ils soient les bienvenus à Aiguèze et que de retour à Rouen ils redisent à tous combien vous êtes ici aimé et vénéré par toute la population. Elle forme un souhait aujourd’hui, Monseigneur, celui de vous voir souvent dans le modeste village d’Aiguèze qui doit à Votre Grandeur toute sa renommée.

Oui, Monseigneur, venez souvent, venez longtemps vous reposer parmi nous des fatigues d’un ministère glorieux et fécond pour votre diocèse et pour toute l’église de France.

En traversant les rues de notre village vous bénirez nos familles, et en parcourant les sentiers de nos campagnes, vous bénirez nos champs et nos travaux.

Vos bénédictions seront pour nous un gage de paix, de bonheur et de prospérité. »

  Après le discours d’accueil du maire auquel Mgr Fuzet répond en rappelant les « liens si forts et si tendres qui le rattachent à Aiguèze, les communs souvenirs qui ont fait des aiguézois ses compatriotes » et en soulignant « combien il a été heureux de rendre plus belle l’église auprès de laquelle reposent les restes de sa mère bien aimée »

 Sur l’estrade prennent place le clergé, les membres du conseil municipal , les parrains et marraines : Mlle Mélanie FUZET et M. Antoine FUZET, M. Joseph Thomas , maire, Mme Pauline BARNOUIN femme de l’adjoint, M. Henri ROMANET et Mme Germaine MADIER DE CHAMPVERMEIL.

 Le mistral souffle de plus belle pendant les discours de l’Abbé ROLLAND,

 L’abbé Rolland, du bas de l’estrade, d’une voix qui impose le silence :

 « En souhaitant la Bienvenue dans votre église primatiale aux professeurs et étudiants de la Semaine sociale de France, vous leur disiez, monseigneur, que votre cathédrale, c’était le cœur de la cité qui s’ouvrait tout grand pour les recevoir.

En prononçant ces paroles, votre Grandeur n’avait pas du oublier le sol des ancêtres, la petite patrie. Déjà, pour le pays où naquit votre mère tendrement aimée, et dans le cimetière duquel elle dort son dernier sommeil, vous accomplissiez cette merveille de faire d’une pauvre église de village, un bijou d’un goût exquis, d’un art achevé. Votre église, votre chère église, consacrée de vos mains, va devenir le cœur qui s’ouvrira aux humbles travailleurs des champs, comme votre primatiale s’ouvrait le 1er août dernier aux travailleurs de la pensée catholique. Pour encourager mes paroissiens à y venir plus souvent et plus nombreux, vous avez voulu qu’elle fût vraiment digne du Dieu qui l’habite : les fenêtres de l’abside ont été restituées dans leur pureté primitive ; l’or et l’azur ont embelli les murailles et les voûtes ; d’artistiques vitraux rappelleront à notre piété, sous des traits aimés, le souvenir des saints qui nous seront chers puisqu’ils le sont à vous-même. Des statues belles dans leur simplicité, évoqueront l’épopée de Jeanne d’Arc aux yeux et à l’âme des enfants qu, à leurs pieds, prieront avec plus d’ardeur pour la grandeur et la prospérité de la France.

Un harmonium soutenant, de ses souples et puissantes sonorités, les voix de mes paroissiens, rendra facile, chez nous, la solution du problème qui vous tient tant à cœur, de la participation des fidèles aux chants liturgiques.

Mais de tous ces dons, les plus riches et aussi les plus précieux sont, à coup sûr, les cloches, les fonts baptismaux et l’autel. Les cloches que tout à l’heure, Monseigneur, vous allez bénir et qui demain, appelleront les multitudes à la grande cérémonie de la Consécration, chanteront chaque jour vos louanges et celles de Dieu. ; puissent les habitants d’Aiguèze, obéissant à leurs voix, venir fidèlement chaque Dimanche adorer leur Dieu et prier pour leur bienfaiteur !  Rien de plus gracieux que ces fonts baptismaux, avec leur cuve aux courbes harmonieuses, d’où s’élance, en une élégante pyramide, le tabernacle qui contient l’eau régénératrice du baptême. Puissent les enfants d’Aiguèze qui sur ces fonts deviendront enfants de Dieu, rester toute leur vie ses loyaux serviteurs !

Quant à l’autel, Monseigneur, vous avez voulu qu’il fût le joyau de cette église. Puissent les habitants d’Aiguèze y venir tous s’unir, par la communion, au sacrifice du Dieu Rédempteur ! Pour moi, Monseigneur, je me ferai un devoir bien doux, quand j’y célèbrerai la messe, d’y porter votre souvenir avec celui de votre mère bien aimée.

Pour tous ces dons, de grand cœur, en mon nom et au nom de tous mes paroissiens, je vous dis, monseigneur, un respectueux et sincère merci. Que Votre grandeur me permette d’exprimer aussi notre reconnaissance au généreux prélat Mgr Barré, chanoine intendant de votre cathédrale, qui a bien voulu prendre la parole dans la cérémonie d’aujourd’hui et qui, en souvenir des ces fêtes, fait don à notre église d’un encensoir d’argent, et d’une chapelle, dont le calice aussi artistique que riche, sera digne de l’autel donné par vous.

Puisse Dieu,  pour acquitter, mieux que nous ne le saurions faire, notre dette envers vous, Monseigneur, vous conserver longtemps à l’Eglise et à la France et donner souvent au Curé et aux paroissiens d’Aiguèze, l’occasion de témoigner à votre Grandeur leur respectueuse reconnaissance ! »

 Le discours de Mgr BARRE (bienfaiteur de l’Église puisqu’il a offert notamment : un calice extrêmement riche aux émaux cloisonnés, des burettes avec leur plateau pur style Louis XIII, un encensoir et une navette d’argent ,. Sur chacune de ces pièces sont gravées les armes de Mgr Fuzet et le nom du donateur.

 « Monseigneur, Mes frères,

 Beau spectacle, Monseigneur ! qui est votre œuvre et œuvre de votre piété filiale, œuvre de l’adoption que vous faîtes de cette population d’Aiguèze, de son église, de sa terre, pour garder les restes sacrés de votre mère ! œuvre que vous commencez par la bénédiction des cloches et que vous couronnerez demain par la consécration de l’église ; car de même que votre mère fut pour vous la reine de vos affections, de même vous voulez que l’église qui abrite sa dernière demeure ait la consécration des plus nobles basiliques.

Et vous convoquez à ces rites sacrés les représentants de cette commune, qui comprennent et apprécient l’honneur que vous leur faites et la confiance que vous leur donnez…

Votre bonté a voulu qu’il y eut aussi à cette fête place pour les représentants de votre clergé de Rouen et les dignitaires de votre église métropolitaine : et nous sommes venir unir nos hommages et nos vœux aux hommages de ce diocèse de Nîmes dont vous restez l’honneur, encore que vous nous apparteniez par des liens particulièrement chers.

Et pour donner à ces fêtes toute l’ampleur désirée par votre cœur, vous avez fait appel aux Evèques, vos Frères au vénérable Evèque de ce diocèse, Monseigneur de Nîmes, qui vous a toujours témoigné une si grande affection, à votre ami d’aujourd’hui, d’hier et de toujours, Monseigneur de Toulouse, à Mgr de Curel, heureux de vous apporter, comme depuis de longues années, sa respectueuse amitié.

Mais qui gardera ces souvenirs ? qui les redira en chants joyeux à ceux qui en sont aujourd’hui les témoins ?

Qui les redira après à ceux qui viendront dans la suite des temps ? ce sont les cloches, mes frères, que vous voyez devant vous.

Elles vont prendre aujourd’hui sous la bénédiction du Pontife, la voix, la mission, l’inspiration pour parler à tous et pour toujours- des mystères de Dieu- des mystères de l’homme.

Des mystères de Dieu : tous les jours, matin, midi et soir, elles béniront votre réveil, votre repos et porteront vos pensées vers Dieu qui vous aime.

Le dimanche, elles vous appelleront à la prière en commun, à cette messe paroissiale, si douce à l’union des âmes et des cœurs.

Au cours de l’année, elles vous diront les jours sanctifiés par la bonté et la miséricorde de votre Dieu.

Je les entends d’ici, les gracieuses volées des cloches d’Aiguèze, quand reviendront les anniversaires chrétiens : et Noël, où elles vous diront : un sauveur vous est né, gloire à dieu, paix aux hommes ! et Pâques, avec ses joyeux alleluia, et toutes ces fêtes enfin qui bercent dans la Bonté de dieu les populations chrétiennes .

Elles parleront à l’homme des mystères de sa vie.

Quelle est belle la voix de la cloche de cette mission !

Qu’elle est pénétrante dans ces vibrations qui arrivent au cœur pour y porter la paix et la joie s’il est resté bon et fidèle au devoir !  mais voix amie quand même, pour y exciter le regret, les remords s’il a été infidèle et pour l’empêcher de s’endormir dans l’inimitié de Dieu.

Qu’elle est belle la voix de la cloche ! qu’elle est douce et bonne quand elle rappelle à l’homme la charte de la famille !

Elle annonça jadis, époux chrétiens, l’union que vous faisiez de vos deux vies sous la bénédiction de Dieu. Elle annonça le baptême, la première communion de vos enfants ; Elle dit aux échos, vos larmes et vos deuils, vos séparations et vos douleurs.

Qu’elle est belle enfin cette cloche de nos villages qui rapproche vos existences comme sont rapprochées vos maisons, qui vous dit que vous êtes frères, que, groupés autour de votre clocher, de votre mairie et de votre école, vos intérêts sont communs et que vous devez partager vos joies, vos pensées, vos épreuves !

Et maintenant, chères cloches d’Aiguèze, qui êtes les petites sœurs de la cloche de Montmartre, la noble et puissante Savoyarde : sorties du même creuset, vous redirez comme elle la gloire à Dieu et la paix aux hommes.

Aux familles vous annoncerez : la paix, l’union, la concorde !

Aux membres de cette commune vous direz : aimez- vous les uns les autres !

Vous redirez cela tous les jours à ceux qui aujourd’hui sont témoins de  ces choses.

Vous le redirez à ceux qui viendront après et jusqu’aux dernières générations, jusqu’à ce qu’enfin, alors que toutes les voix humaines se tairont, il ne restera que la grande voix de Dieu qui dira : Venez les Bénis de mon père ! »

 Mgr Fuzet  procède ensuite aux rites liturgiques que comporte le baptême des cloches.

 A midi, par une délicate attention, Mgr Fuzet réunissait à sa table les parrains et marraines, le clergé, le conseil municipal tout entier, le sculpteur du maître-autel : M. IMBERT, le représentant des fondeurs : M. Joseph PACCARD, l’entrepreneur : M. MANIFACIER, le menuisier : M. HERAULT.. Au dessert, il leva son verre à la santé de tous, à leur union pour la prospérité temporelle et religieuse d’Aiguèze. C’est pour cimenter cette union qu’il a voulu embellir à la fois l’église, le château et el village.

 Toute l’après-midi le village fut en fête.

 Germaine ROMANET épouse MADIER DE CHAMPVERMEIL

 L’ancienne cloche d’un poids de 360 kg qui n’a pas été déplacée donne le la dièse.

 La première des nouvelles cloches, d’un poids de 265 kg donne le DO. Elle fut fondue en 1812 ayant pour parrains : François ROMANET, maire d’Aiguèze  et Mélanie BONNEFOND.  Mgr FUZET la fit refondre et la bénit en 1910 avec pour nouveaux parrains : Antoine FUZET et Mélanie FUZET.

 La deuxième pèse 191 kg, elle donne le RE. Ses parrains : Joseph THOMAS Maire d’AIGUEZE et Mme Pauline BARNOUIN.

 La troisième d’un poids de 108,5 kg donne le FA. Ses parrains : Henri ROMANET et Germaine MADIER DE CHAMPVERMEIL.

 Ces cloches ont été offertes par Mgr FUZET. Elles portent outre le nom des parrains et marraines l’inscription « Mgr Frédéric FUZET archevêque de Rouen et Primat de Normandie donna et bénit cette cloche en 1910 » ainsi qu’en empreinte les effigies  : 1/ Le christ, 2/ les armes de Mgr FUZET, 3/ La Ste vierge et 4/ St Roch. 

 Les quatre cloches donnent donc l’accord LA dièse, DO, RE,FA.


DISCOURS DE Mme FRUTON POUR LE CENTENAIRE  

Monseigneur,

Mesdames, Messieurs,

 

Il y a 100 ans, c’était la fête à Aiguèze et je tiens à remercier tous ceux qui se sont démenés pour rendre possible cette commémoration et vous tous qui êtes présents pour rendre hommage à ce prélat qui a tant fait pour le village et l’ Eglise. Notre village a obtenu le label des plus beaux villages de France, il a maintenant le vent en poupe, et cela n’aurait peut être pas pu se faire sans Mgr Fuzet.

Descendante des Romanet comme lui, je suis, moi aussi, très attachée à Aiguèze, notre église et notre maison. Le Seigneur a voulu que mon mari ressente lui aussi un véritable coup de foudre et qu’il décide de passer les dernières années de sa vie à travailler pour rendre à l’Eglise la splendeur souhaitée et voulue par Mgr Fuzet. C’est ainsi que nous avons créé en 1990 l’Association pour l’Eglise d’Aiguèze. Véritable aventure dont toute l’équipe gardera  à jamais un souvenir inoubliable, recrus de fatigue, mais combien comblés par l’entente, l’harmonie et les rires qui régnaient pendant les fêtes de Saint Roch; d’ailleurs tous les membres très motivés réservaient d’une année sur l’autre le week end qui suivait le 15 aout et qui était traditionnellement dévolu à la fête de Saint Roch. Nous avons, ainsi, à coup d’animations, ventes d’objets, visites du village, concerts, etc …amassé, franc après franc, les sommes nécessaires à la restauration de l’ église qui a vu sa consécration avec la remise en état des peintures en  avril 2004  et votre venue Monseigneur. On ne peut qu’être touchés de voir que vous êtes parmi nous pour chaque manifestation importante concernant notre église et notre village, soyez en, encore une fois, remercié.

Cette merveilleuse aventure nous a permis de faire des rencontres extraordinaires :

ainsi cette jeune cantatrice à la voix d’or qui a chanté tous les ans au profit de l’Association et que l’on retrouvait également derrière les stands le jour de la fête. Nous avons, depuis, noué avec Katia Zupnik des liens d’amitié solides. Nous déplorons son absence aujourd’hui mais elle n’a pu se libérer.

Jean Jacques Richardeau a su, également, avec son extraordinaire talent de musicien, nous enchanter et nous faire apprécier encore plus la belle musique.

 

Et je ne voudrais pas oublier tous les bénévoles qui, dans leur région, se sont mobilisés pour vendre, entre autres, nos billets de tombola ou nos objets.

Notre boutique nous a permis d’avoir certains contacts privilégiés avec les touristes et les visiteurs de notre village. C’est ainsi que nous avons en 1992 recueilli environ 1800 signatures pour un concours du Pèlerin Magazine sur le patrimoine qui nous a permis de recueillir la somme nécessaire à la restauration par M. Bulard, Maitre Verrier,  de notre vitrail de la nativité. Je ne voudrais pas oublier de remercier les élus qui ont cru à notre projet et nous ont soutenu dans nos démarches. L’une des premières démarches officielles que nous avons accomplis est l’inscription de notre église à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques.

Nous avons même produit, à l’incitation d’un artiste aiguézois, Michel Bertet, une K7 sur la paix, suite à la destruction du Pont de Mostar en ex Yougoslavie. Elle a été vendue au profit de Médecins sans frontière.

 

Je voudrais associer à cette journée de fête tous ceux à qui nous devons d’avoir aujourd’hui pour cette commémoration une église identique à celle que nous a laissée Mgr Fuzet et qui ne sont plus avec nous.

 

En tout premier lieu, mon mari, Robert Fruton qui a su nous motiver et nous fédérer. Mais n’oublions pas non plus :

Marie Louise et Jean ARNAUD, Gaby BOUCHE, Jeanne CLOTTEN, Jean-Marie DUFOUR, Mado GENDRIER , Simone JECHOUX, Jean-Jacques RICHARDEAU

 

Ayons une pensée pour eux, ils auraient été si heureux d’être là aujourd’hui.

 

Dans la ligne qu’ils nous ont indiquée, ne relâchons pas notre effort, les dégradations vont plus vite et sont plus faciles que les réparations. S’il reste encore quelques restaurations à effectuer (par exemple l’ange au dessus de l’entrée) notre association devra à l’avenir s’attacher à maintenir ce que nous avons restauré.

 

A vous tous qui aimez Aiguèze, votre présence le prouve, je voudrais, en conclusion, vous rappeler ces quelques vers d’un poète de St Julien de Peyrolas que mon mari aimait à relire:

 

Ami, si quelquefois l’existence te pèse

D’un pas rapide et sûr

Chemine vers Aiguèze.

Merci

Edmonde FRUTON


QUELQUES IMAGES SURLES CHANGEMENTS  



Le clocher avant les travaux de Mgr FUZET


Le chantier pendant les travaux



Avec sa pointe style basilique de Lourdes















QUELQUES IMAGES SUR LES FESTIVITES DU CENTENAIRE

jeudi 15 juillet 2010

COMMEMORATION DU CENTENAIRE DU CLOCHER

COMMEMORATION DU CENTENAIRE DES TRAVAUX D’EMBELLISSEMENT DU VILLAGE
(Église, Clocher, Place du Jeu de Paume) MENES PAR Mgr FUZET en 1910 le DIMANCVHE 11 JUILLET 2010

Notre village est un village hautement touristique qui a su garder son authenticité de village vivant .

Son accession au label de « l’un des plus beaux villages de France » en JUIN 2005 consacre sa réputation de site qui « vaut le détour » . Sa notoriété date du début du XXe siècle, période où Monseigneur FUZET (né en 1839 à LAUDUN), archevêque de Rouen, Primat de Normandie, originaire d’AIGUEZE de par sa mère (Eléonore ROMANET née en 1810 à AIGUEZE, mariée avec FUZET Frédéric, une sœur : Mélanie née en 1837) , très attaché à ce village, a racheté le château en 1901 et est venu y passer quelques années pour y faire des travaux d’embellissement qui ont contribué à faire sa réputation .

La réalisation la plus spectaculaire est la modification du clocher par l’ajout d’une flèche de style « basilique de Lourdes » et de nouvelles cloches ainsi qu’un carillon.

Ensuite on note la modernisation et l’embellissement de l’Église par la construction de vitraux imposants (notamment celui de la Nativité), la création de décors de style « Notre-Dame de Paris » et la dotation de statues dont celles de Jeanne d’Arc copie conforme de celles de Rouen, de nombreux tableaux et autres objets de valeur.

Il a fait restaurer les habitations autour de l’Église en les mettant en harmonie avec les vestiges médiévaux(construction de « créneaux »).

Il a cédé un terrain lui appartenant permettant un agrandissement de la Place du jeu de Paume, a fait planter les platanes qui continuent de nos jours à apporter ombre et fraîcheur l’été.

C’est en 1910 qu’il a consacré l’Église, béni le clocher et les cloches, donné ainsi sa première notoriété à notre village. Depuis son œuvre a été poursuivie par les municipalités et l’association « pour l’Église d’Aiguèze » créée par Robert FRUTON allié de la famille Romanet ancêtres de Mgr FUZET.

Tous ces efforts ont été récompensés par l’inscription de l’Église à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1993

Le programme prévu pour cette commémoration a été suivi :

- ouverture des expositions à 14h : une vingtaine de panneaux retraçant la vie de Mgr FUZET, son action pour l'Eglise et le village, l'histoire de l'Eglise, l'action de l'Association pour l'Eglise d'Aiguèze, l'atelier de M. BULARD Maître verrier à St ALEXANDRE et celui de Mme WEISS qui avait refait à l'identique les peintures de l'Eglise en 2004, mis en place par Edmonde FRUTON, Didier VENTAJOL, Béatrice CHAUVIN et Roland VINCENT.

- la messe célébrée par l'évêque de NIMES

- les discours du Maire et de Mme FRUTON,

- la restitution des discours et des évènements des 24 et 25 SEPTEMBRE 1910

- l'intronisation de Mgr WATTEBLED par la Compagnie de la Côte du Rhône Gardoise

- la conférence d'Isabelle FRUTON sur la vie de Mgr FUZET

- l'apéritif

- le premier aller-retour de MALINO le funambule de St JUST D'ARDECHE entre la tour et le clocher.

- le repas sur la place du village

- le deuxième passage de Malino de nuit avec lumières et salut au public assis sur le câble à mi parcours à près de trente mètres de haut sans protection !

- l'embrasement du clocher.

Une réussite totale, le public pouvant se désaltérer à la buvette tenue par l'association Culture et Loisirs.

je souligne l'attitude cordiale et simple de Mgr WATTEBLED qui a conquis tout le monde par sa simplicité et sa sympathie !

Roland VINCENT Maire d'AIGUEZE



l'atelier de Mme WEISS (réfection des peintures décors)





l'atelier de M. BULARD (réfection des vitraux)





exposition dans la chapelle du château FRUTON ROMANET




 

exposition sur la place de l'Eglise

discours de Mme FRUTON Présidente de l'Association Pour l'Eglise d'Aiguèze








offrande des enfants du village à Mgr l'évêque







discours du maire








l'apéritif offert au nombreux public

premier passage de MALINO


le traiteur prépare le repas





passage nocturne de MALINO







et pour finir : l'embrasement du clocher



















Exposition sur la place de l'Eglise.


Passage vertigineux du funambule.


Exposition des cloches par Mme POITEVIN


INTRONISATION DE Mgr WATTEBLED par Gery DELBECQUE et Georges CHABOT Compagnie de la Côte du Rhône Gardoise.

                               
                                       

restitution des discours des 24 et 25 septembre 1910 (mise en scène Roland VINCENT)






                                      enfin  à table




prochain reportage : vie et œuvre de Mgr FUZET

mercredi 20 janvier 2021

DES SANGLIERS ARRACHENT UNE VIGNE A MARDISSAC

 Des sangliers immatriculés 07 certainement des "trump culs" ont mis à mal une vigne à Mardissac ! Il ne reste plus qu'à replanter ! C'est sûrement la loi de la nature qui veut qu'on remplace une vigne qui est trop vieille ! 



 

samedi 2 janvier 2021

MEILLEURS VOEUX POUR 2021

J'ai le plaisir de vous présenter les vœux de la famille VINCENT pour 2021 une année qu'on souhaite optimiste et génératrice de bonheur !